La verdure urbaine : Un bouclier naturel contre les canicules
Les études révèlent le pouvoir protecteur des zones végétalisées contre les vagues de chaleur
Les zones urbaines de Paris qui présentent un niveau élevé de végétalisation offrent une meilleure protection contre les effets néfastes des périodes de forte chaleur. C'est la conclusion d'une étude de l'Inserm, qui souligne l'importance de la présence de verdure comme facteur de résilience face aux épisodes caniculaires.
La végétalisation, un atout majeur pour la santé publique
L'Inserm, à l'origine de cette investigation, affirme que l'intégration de la végétation est un déterminant plus puissant que les disparités socio-économiques pour contrer la vulnérabilité aux températures extrêmes. Les arrondissements les plus riches en espaces verts enregistrent des taux de mortalité inférieurs durant les étés torrides, selon les déclarations de l'Inserm.
Une collaboration internationale pour des résultats probants
Cette recherche, publiée dans la revue npj Urban Sustainability, est le fruit d'une collaboration entre l'Inserm, l'Institut pour la santé mondiale de Barcelone et la London School of Hygiene & Tropical Medicine. Elle apporte des éléments concrets sur l'impact de l'environnement urbain sur la santé des populations.
Les quartiers anciens, une vulnérabilité accrue face à la chaleur
L'Europe fait face à des vagues de chaleur estivales de plus en plus intenses, aggravées par le réchauffement climatique, ayant des répercussions graves sur la santé. Une étude publiée dans Nature Medicine évalue à plus de 60 000 le nombre de décès liés à la chaleur sur le continent en 2024, dont 2 451 en France. À Paris, les arrondissements historiquement plus aisés, paradoxalement, se révèlent plus sensibles à une surmortalité due aux fortes chaleurs.
Des explications architecturales et environnementales
Hicham Achebak, le principal chercheur de cette étude, souligne que la faible proportion d'espaces verts et la présence de bâtiments plus anciens sont des facteurs explicatifs. Les constructions antérieures à 1970 présentent souvent une isolation thermique moins efficace. La végétalisation varie considérablement d'un arrondissement à l'autre, allant de 1,4% dans le 2ème à 20,4% dans le 13ème. Par ailleurs, une étude de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine et Harris Interactive indique que l'été 2022 a été particulièrement difficile pour les habitants des quartiers populaires.
L'enjeu de la végétalisation au cœur des débats municipaux
Les prochaines élections municipales à Paris, en mars, seront l'occasion de définir les futures orientations de la capitale en matière de végétalisation. En janvier, la fédération France Nature Environnement (FNE) a soumises 110 propositions aux candidats, invitant à poursuivre la politique initiée par le plan biodiversité 2025-2030, adopté en avril 2025. Ce plan prévoit notamment l'installation de haies favorisant la petite faune dans les arrondissements centraux et la désimperméabilisation des berges de Seine, avec le soutien de l'AFP.